Vis ma vie de Mompreneur …

…ou comment j’ai compris que je n’étais ni mère, ni femme mais les deux !

Cet article je l’ai en tête depuis un bon moment mais j’ai eu du mal à trouver les mots. En fait j’ai longtemps détesté le terme de « mompreneur ». Pour moi ça renvoyait forcément à ce rôle de maman, que j’aime plus que tout, oui, mais qui ne me définit pas à lui seul ! On entend bien moins parler de « dadpreneur » n’est-ce pas ? Là, on dit tout de suite Entrepreneur ! Je suis maman depuis un peu plus de deux ans maintenant. Un peu plus de deux années où toutes les casquettes que je porte s’alternent, s’entrechoquent, se chamaillent, se culpabilisent à tour de rôle.

Femme . Epouse . Maman . Soeur . Fille . Amie

Deux années où chaque jour je me bats un peu contre moi-même en voulant être la maman la plus présente au monde, l’épouse la plus attentionnée, la soeur, la fille et l’amie la plus à l’écoute tout en gardant mon MOI à moi. Mon rôle de femme avec mes passions, mes envies, mon temps à moi et rien qu’à moi. Ce temps indispensable pour me ressourcer, réfléchir à ce que je veux vraiment, ne pas me sentir débordée, ne pas me sentir qu’au service des autres.

Et puis j’ai travaillé sur moi-même. Je viens de vivre une année pas des plus simple. En apparence tout va pour le mieux. On a déménagé pour que mon mari ait un bel emploi, aux bonnes conditions et au salaire intéressant. J’ai à cette occasion démissionné de mon emploi et ait alors pu passer tout un été en tête à tête avec ma fille, on a acheté une maison, j’ai pu mettre en route mon entreprise, ce projet que j’espérais depuis des années, mon mari est beaucoup plus disponible qu’avant. Bref, sur le papier quand je fais les pour et les contre, franchement je me trouve bête. Bête de ne pas avoir réussi à si bien vivre que ça la situation. Et pourtantje me rends compte que je n’avais pas pris en compte tous les paramètres dans l’équation !

En une année toutes mes casquettes se sont entre-choquées encore et encore. La culpabilité a été mon quotidien.

Tout d’abords la culpabilité de déménager (encore !) et de modifier les habitudes de Zoé. Elle n’allait plus voir sa nounou qu’elle adorait et ses copains. Elle allait changer d’appartement et perdre tous ses repères d’un seul coup d’un seul. De plus, on s’éloignait de la famille… La culpabilité alors aussi d’ajouter des kilomètres entre ses grands-parents gagas et elle.

La culpabilité de démissionner d’un CDI. Un CDI que j’avais depuis 5 ans, pas trop mal payé, plutôt tranquille au quotidien. Un CDI qui m’offrait une véritable indépendance financière et donc indépendance tout court. Ok, le boulot ne me passionnait pas mais il me permettait d’être bien dans mes bottes, de m’offrir une stabilité. Là, d’un coup je misais tout sur mon mari. Alors oui, on est mariés mai on ne sait jamais de quoi la vie sera faite…

La culpabilité de ne plus être une maman qui travaille et qui montre l’exemple à sa fille ! Oui ! Vraiment, je l’ai mal vécu de rester à la maison. Je me suis mise à chercher toutes les activités possibles à faire avec elle. Je voulais montrer l’image d’une maman qui était peut être au foyer mais qui ne se laissait pas aller. Avec le recul, j’ai honte. Honte d’avoir déjà pensé que les mamans au foyer avait la vie belle ! Pouvaient se reposer, qu’elles avaient un rythme moins accru. Que j’étais naïve ! Zéro pause, zéro moment de calme, zéro moment de recul vis à vis de la vie à la maison. J’en suis venue à regretter ma demi heure de voiture du matin. Tu sais, ce moment, où après avoir couru pour te préparer, préparer bébé, le laisser chez la nounou etc… et bien ce moment où tu te retrouve seule dans ta voiture, avec ou sans radio. Ce sas de décompression où tu enlèves un peu ta casquette de mère (enfin qu’en apparence) et où tu reportes fièrement celle de femme active et indépendante.

Mais après 4 mois de tête à tête avec ma fille, il était temps… temps pour moi de m’épanouir de nouveau professionnellement. De retrouver un rythme de vie où je n’aurais pas l’impression de passer mes semaines à attendre le week-end pour retrouver mon mari et que nous partions tous les 3 voir autre chose que l’appartement ou le village d’à côté. Je l’avoue, passer du temps avec ma fille m’a fait un bien fou ! Avoir du temps pour elle, rien que pour elle ! Tester ce qu’est de rester à la maison et… du coup arrêter de culpabiliser désormais quand je la dépose chez nounou !

Mais reprendre une vie active n’est pas simple ! Car même si j’étais sûre et certaine de mon choix de vie, la culpabilité est là quand même ! My god… je suis ce genre de mère alors ? Qui fait garder sa fille pour travailler, alors qu’elle n’en est pas ultimement obligée financièrement ? Bah ouais… Parce que j’ai compris un truc pendant ces 4 mois, c’est que ma fille a surtout besoin d’une maman épanouie et disponible ! Et disponible en fait ça ne veut pas dire d’être 24h/24 avec elle. Non. Ca veut dire de profiter d’elle au maximum quand nous sommes ensembles. Ca veut dire que je vais peut-être moins la voir sur la journée mais que quand je la verrai je serai réellement disponible pour elle. Que j’aurai eu le temps de m’épanouir personnellement et que dans ces conditions je pourrai l’aider à s’épanouir à son tour.

Il a fallu s’organiser, se poser les bonnes questions, essayer de trouver un rythme. J’avais depuis plusieurs années le projet de monter mon entreprise, c’était donc le moment pour moi. Première chose alors : trouver un mode de garde épanouissant pour Zoé. Ca tombait bien, une micro-crèche ouvrait à côté de la maison. Une fois l’inscription faite, l’adaptation s’est très bien passée et c’était parti ! Après 4 mois, sans aucun moment rien qu’à moi je me retrouvais dans mon appartement vide, silencieux et face à moi-même et mon projet. Outch ! En fait faut que je t’avoue un truc… ca fait un peu flipper ! Du coup madame culpabilité est revenue tu te doutes bien.. My god, je fais garder ma fille, pour bosser sur un projet qui n’est pas encore lancé ! Mais en réalité, Mme Culpabilité s’est très vite évaporée quand j’ai commencé à faire mes plannings et mes plans d’action. D’un coup, j’avais le temps. J’avais le temps de réfléchir, de me poser, d’être de nouveau stimulée intellectuellement parlant. J’allais à des Rdvs, je passais des coups de téléphone. En fait, je retrouvais une vie de femme, en dehors de mon rôle de mère et ce fut une véritable bouffée d’oxygène ! Et puis quand j’allais chercher Zoé c’était l’explosion de joie ! Elle me sautait dans les bras, on regardait ce qu’elle avait fait dans la journée, on rentrait vite à la maison raconter tout ça à papa et moi aussi je racontais ma journée, ma journée à moi.

Ma pièce à moi, mon atelierJ’ai fais un choix. Le choix d’être ni mère au foyer, ni femme active au planning surchargé. Non. J’ai fais le choix de travailler depuis la maison, de me créer MON emploi. Celui qui me plaît, me stimule et qui me permet d’organiser ma vie personnelle comme je l’entends. De ce fait, je quitte la maison à 8h30 le matin pour emmener ma fille chez sa nounou (oui on a changé de mode de garde pour des raisons d’organisation 😉). Je reviens à 8h50 en ayant changé de casquette ! Je reviens en tant que femme active qui file dans son atelier préparer les commandes de ses clients. Et le soir je regarde l’horloge en attendant que papa rentre avec ma zoupette. J’ai aussi fais le choix de garder mon mercredi en tête-à-tête avec elle. La laisser dormir le matin et traîner une fois qu’elle se lève. Jouer chez nous, au calme, continuer d’avoir du temps avec elle pour faire des activités et ne pas avoir l’impression de courir toute la semaine. En fait, j’ai suis super rigoureuse sur mon temps de travail. Vie de famille comme vie pro, ne doivent pas déborder l’une sur l’autre. C’est un peu mon secret pour ne pas courir dans tous les sens. J’ai mon atelier, je n’y entre qu’à mes « heures de travail » et idem, je ne file pas promener le chien ou récurer la maison pendant que Zoé est chez la nounou ! Si je vois que je suis débordée au niveau travail et bien je diminue, j’ajuste mon carnet de commande, je me dis que c’est que je dois mieux m’organiser. Hors de question de passer mes week-ends à travailler. C’est pas facile, je suis compétitive, j’ai envie de réussir, de prouver à mon entourage que je l’ai fais ! Mais pas à n’importe quel prix… Ma vie de famille avant tout. Je me le suis promis. Et puis, avec du recul j’ai aussi compris que ce n’est pas en bossant 7 jours sur 7 que j’en serais mieux dans ma peau 😉

Ca paraît super cool hein ? Et bien figure toi que même ça, c’est pas simple tous les jours 😉 . Bah non, parfois j’ai l’esprit encore un peu au boulot le soir quand ma petite famille rentre car je n’ai pas de sas de décompression. Non, j’ai juste à descendre l’escalier pour passer de working-girl à maman et épouse. Et puis surtout… Quand ma poupette n’a pas envie de se lever le matin ou bien que je ne la sens pas dans une forme olympique il faut que je prenne sur moi pour l’emmener quand même chez super nounou alors que, moi, je vais rentrer à la maison quelques minutes après ! Mais c’est le jeu, si je rentre c’est pour travailler, tenir mes engagements envers mes clients et envers moi-même. Et puis la culpabilité de ne pas travailler le mercredi par exemple on en parle ? Quoi ? La nana elle monte sa boîte et elle OSE ne pas travailler 24h/24 ? Bah ouais… Y’a des moments ça me stresse… vraiment… Mais mon astuce c’est d ‘avoir désactivé TOUTES mes notifications de commandes, de mails pro etc… Parfois pendant la sieste du mercredi je jette un oeil et réponds à quelques messages mais je ne m’autorise qu’une heure.

Est-ce que par moment j’ai envie de tout envoyer valser et rester avec ma fille ? OUI. D’ailleurs je crois que je fais le coup à mon mari au moins une fois par mois. Je la vois grandir, vite, vite, encore plus vite et Mme culpabilité revient danser devant moi. Haha la garce. Elle me chuchote que je suis égoïste à vouloir travailler plutôt que de m’occuper de ma fille. Qu’elle grandit vite que je passe à côté de ses plus belles années. Je me couche souvent le ventre noué et les yeux humides ces jours là, mais il suffit que le lendemain ma poupette saute dans les bras de sa nounou et file jouer en me disant à peine au revoir, avec sa copine pour que je me ressaisisse. Finalement, je la vois, elle aussi, plus épanouie avec ce rythme. Elle a ses copines, ses sorties à elle, au RAM, ses ballades, ses activités à me raconter. Et puis elle voit autre chose, s’ouvre sur d’autres façon de vivre, de communiquer, de jouer. Elle apprend à vivre en société et avoir une copine de son âge c’est quand même super cool. Parce que même si maman fait super bien le lapin qui a un peu trop abusé des carottes et bien elle n’a pas toujours la patience de jouer à la dînette pour la 4ème heure d’affilée dans la journée.

Avec une année de recul, oui je crois que nous avons trouvé le bon rythme pour notre famille. Travailler depuis la maison me permet de ne plus perdre de temps sur la route, de rester disponible pour ma fille, d’avancer plus facilement dans les tâches pour la maison, comme pendre la lessive pendant ma pause déjeuner, ce qui nous permet d’avoir des soirées plus light et c’est pas monsieur, absent 12h par jour, qui va s’en plaindre !

D’ailleurs, et lui, qu’en pense-t-il ? C’est simple, il m’a laissé choisir ! Travailler ou pas, en gros c’était mon choix, mon soucis. Lui, tout ce qu’il m’a demandé c’est de faire en sorte d’être à l’aise dans mes baskets. Alors, oui, il accepte avec bonheur d’aller chercher sa fille chez la nounou le soir en rentrant et de prendre des congés quand la nounou est absente pour que je puisse travailler aussi de mon côté. Il accepte tout ça car il voit bien que mon épanouissement personnel et mon indépendance financière ne sont pas des points que je pourrais sacrifier pour notre vie de famille.

Il a bien compris qu’une jolie vie de famille, c’était une vie où chacun y trouvait son compte en accord avec ses envies, son éducation et ses possibilités. On s’est donné la chance de pouvoir réaliser tous les 2 nos envies professionnelles et personnelles. Ce n’est pas toujours simple, on a fait, et on fait encore des sacrifices mais ça vaut le coup, vraiment. On a encore des ajustements à faire sur notre organisation, pour entre autre, se dégager du temps pour des loisirs/sports individuels mais pour ça, on prend notre mal en patience, avec une poupette de 2 ans et un deuxième bébé qui arrive, ce serait totalement fou de notre part de trop en vouloir 😉

5

 

Et puis finalement ce terme de Mompreneur il me décrit bien… et je ne le vois plus péjorativement.
Au contraire, je l’assume, j’entreprends, je travaille et j’adapte tout ça à ma vie de famille sans (presque) aucune culpabilité !

=)

4 réflexions sur “Vis ma vie de Mompreneur …

  1. Comme quoi la vie d’une femme/maman n’est pas simple! Le fait même que tu te pose toutes ces questions montre que tu es une maman, femme, amie, et soeur formidable! Moi je t’admire et je suis vraiment heureuse de te connaitre! Je te souhaite encore plein de bonnes choses dans ta vie d’entrepreneur et familiale
    Bisous

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  2. Mais c’est tellement ça ! Je me retrouve bcp dans les sentiments que tu décris. Culpabilité a longtemps été mon second prénom mais je me suis (enfin) autorisé à m’écouter et vivre pour moi et ça fait un bien fou ! Il est vraiment difficile de jongler entre toutes les différentes casquettes qui s’imposent à nous mais avec une bonne dose de bienveillance envers soi-même, on y arrive !
    Bonne continuation dans tes projets 😉

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